SVF I.111
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Sextus Empiricus, Adversus mathematicos, Book IX — M 9.104
- Langue de la source
- Grec ancien
- Statut de la source
- Fragment · Rapport ultérieur
Original — Grec ancien
καὶ πάλιν ὁ Ζήνων φησίν· „τὸ λογικὸν τοῦ μὴ λογικοῦ κρεῖττόν ἐστιν· οὐδὲν δέ γε κόσμου κρεῖττόν ἐστιν· λογικὸν ἄρα ὁ κόσμος.“ καὶ ὡσαύτως ἐπὶ τοῦ νοεροῦ καὶ ἐμψυχίας μετέχοντος· „τὸ γὰρ νοερὸν τοῦ μὴ νοεροῦ καὶ τὸ ἔμψυχον τοῦ μὴ ἐμψύχου κρεῖττόν ἐστιν· οὐδὲν δέ γε κόσμου κρεῖττον· νοερὸς ἄρα καὶ ἔμψυχός ἐστιν ὁ κόσμος.“Traduction StoicOs
Et de nouveau Zénon dit : “Ce qui est rationnel est meilleur que ce qui ne l'est pas ; or rien n'est meilleur que le cosmos ; donc le cosmos est rationnel.” Et de même pour ce qui est intelligent et ce qui participe de l'animation : “Ce qui est intelligent est meilleur que ce qui ne l'est pas, et ce qui est animé est meilleur que ce qui est inanimé ; or rien n'est meilleur que le cosmos ; donc le cosmos est intelligent et animé.”
Contexte
Sextus Empiricus, le médecin sceptique du IIe siècle apr. J.-C., passe en revue les arguments sur l'existence et la nature des dieux afin de les contrebalancer. Il cite les syllogismes compacts de Zénon sur le cosmos et — quelques sections plus loin — les moqueries du dialecticien Alexinos et les défenses des stoïciens ultérieurs. Témoin hostile, mais qui cite précisément parce que la forme exacte de l'argument est sa cible.
Notes sur la source:Texte vérifié sur H. von Arnim, SVF I (1903), n° 111, p. 32 (page numérisée). Von Arnim supprime un εἰ intrusif avant la première prémisse et imprime ⟨τὸ⟩ (ajouté par Bekker) avant ἔμψυχον ; son apparat note que Sextus (§§ 108–110) rapporte aussi la parodie de l'argument par Alexinos et la défense stoïcienne ultérieure.
Ce que la source nous dit réellement
Sextus présente ces deux syllogismes comme les mots mêmes de Zénon (“Zénon dit”), et leur forme serrée et formulaire appuie l'idée qu'une formule d'école est citée. Toutefois, la citation figure dans un exposé ultérieur et hostile, cinq siècles après Zénon ; de menues interventions éditoriales (von Arnim supprime un mot intrusif, Bekker ajoute un article) montrent que le libellé n'a pas été transmis parfaitement. L'argument lui-même — de l'excellence insurpassée du cosmos à sa rationalité — est attesté indépendamment chez Cicéron.
Signification philosophique
Zénon condense la théologie stoïcienne en trois lignes : si la raison est une perfection, et si le cosmos est ce qu'il y a de plus parfait, alors la raison ne peut lui manquer. L'univers n'est pas un mécanisme mort contenant par hasard quelques animaux pensants ; il est lui-même vivant, intelligent, rationnel — et la raison humaine est une part de cette raison plus grande. La brièveté audacieuse, presque provocante, du syllogisme est typique de Zénon et en fit d'emblée une cible de parodie.
Incertitude savante
Dès l'Antiquité, le dialecticien Alexinos parodia l'argument (“ce qui est grammatical est meilleur que ce qui ne l'est pas…”), et Sextus conserve la parodie comme les répliques stoïciennes (M 9.108–110). Que le libellé exact soit de Zénon ou une formule d'école polie par des stoïciens ultérieurs ne peut être tranché ; les parallèles latins de Cicéron (De natura deorum 2.21) rapportent le même argument avec des variantes.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.