SVF I.179
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Stobaeus, Eclogae (Anthology), Book II — II 75,11–76,3 Wachsmuth (2.7.6a)
- Langue de la source
- Grec ancien
- Statut de la source
- Testimonium · Paraphrase par la source antique
Original — Grec ancien
Ζήνων δὲ οὕτως ἀπέδωκεν· τέλος ἐστὶ τὸ ὁμολογουμένως ζῆν· τοῦτο δ᾽ ἐστὶ καθ᾽ ἕνα λόγον καὶ σύμφωνον ζῆν, ὡς τῶν μαχομένως ζώντων κακοδαιμονούντων.Traduction StoicOs
Zénon le formula ainsi : “la fin est de vivre en accord” — c'est-à-dire vivre selon une seule raison et en concorde avec soi-même, puisque ceux qui vivent en conflit intérieur sont malheureux.
Contexte
Le passage survit dans l'Anthologie de Jean Stobée (Ve siècle apr. J.-C.), vaste recueil d'extraits compilé environ sept siècles après Zénon. Dans cette section éthique, Stobée puise dans un résumé doxographique antérieur de l'éthique stoïcienne, généralement attribué à Arius Didyme, philosophe de cour d'Auguste. Le témoin est bienveillant et systématisant plutôt qu'hostile : son but est de résumer fidèlement la doctrine de l'école, mais dans sa propre formulation condensée.
Notes sur la source:Texte tel qu'imprimé dans H. von Arnim, Stoicorum Veterum Fragmenta I (1903), n° 179, d'après l'édition de Stobée par C. Wachsmuth (1884). Stobée excerpte ici la doxographie éthique généralement attribuée à Arius Didyme (Ier siècle av. J.-C.).
Ce que la source nous dit réellement
Ce passage rapporte la définition zénonienne du telos, la fin ou le but de la vie. Le libellé conservé indique que Zénon le définissait comme “vivre en accord” (homologoumenōs zēn) et l'expliquait comme vivre selon une raison unique et cohérente avec elle-même. La formule enchâssée peut préserver la phrase même de Zénon, mais la phrase dans son ensemble est le rapport d'un doxographe, non une citation continue d'un livre de Zénon. C'est un rapport ultérieur de la position de Zénon plutôt que les mots conservés de Zénon ; on ne peut déterminer avec certitude où finit la formule et où commence la paraphrase.
Signification philosophique
C'est l'énoncé fondateur de l'éthique stoïcienne : le but de la vie est l'accord intérieur — une vie où jugements, désirs et actions suivent un seul logos (λόγος, raison) au lieu de se contredire. Le bonheur (εὐδαιμονία, eudaimonia) n'est pas un sentiment à poursuivre mais l'état d'un esprit qui n'est plus en guerre avec lui-même ; le malheur est littéralement décrit comme une vie en conflit (machomenōs). La vertu (ἀρετή, aretē) intervient comme condition de cette cohérence. La formule ultérieure, plus célèbre, “vivre en accord avec la nature”, s'appuie exactement sur ce fondement.
Incertitude savante
Les sources antiques divergeaient déjà sur la formule exacte. Diogène Laërce (7.87) attribue “vivre en accord avec la nature” (homologoumenōs tēi physei zēn) au traité De la nature de l'homme de Zénon, tandis que la tradition de Stobée rapporte que Zénon disait seulement “vivre en accord” et que Cléanthe ajouta le premier “avec la nature”. Les savants débattent encore de la version exacte. Le texte transmis varie aussi légèrement selon les témoins (p. ex. ἐστὶ / εἶναι au discours indirect). Ce qui est assuré, c'est le concept : l'accord, la cohérence de la vie sous une seule raison.
Sagesse pratique
La plus ancienne définition conservée du but stoïcien n'est pas “ne rien ressentir” mais “cesser de se contredire”. Lecture pratique : remarquez où vos actions combattent vos valeurs, où le choix d'aujourd'hui combat l'intention d'hier. Le travail du prokoptōn stoïcien — celui qui progresse — est de placer jugement, désir et action sous une raison cohérente. L'accord avec soi-même vient d'abord ; l'accord avec la nature, comme l'école le dira plus tard, en découle.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.