SVF I.263
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Athenaeus, Deipnosophistae, Book XIII — Athen. 13.561c
- Langue de la source
- Grec ancien
- Statut de la source
- Rapport ultérieur
Original — Grec ancien
Ποντιανὸς δὲ Ζήνωνα ἔφη τὸν Κιτιέα ὑπολαμβάνειν τὸν Ἔρωτα θεὸν εἶναι φιλίας καὶ ἐλευθερίας, ἔτι δὲ καὶ ὁμονοίας παρασκευαστικόν, ἄλλου δ' οὐδενός. διὸ καὶ ἐν τῇ πολιτείᾳ ἔφη „τὸν Ἔρωτα θεὸν εἶναι, συνεργὸν ὑπάρχοντα πρὸς τὴν τῆς πόλεως σωτηρίαν.“Traduction StoicOs
Pontianus dit que Zénon de Kition tenait Éros pour un dieu qui procure l'amitié et la liberté, et de plus la concorde — et rien d'autre. C'est pourquoi il dit aussi dans la République qu'“Éros est un dieu, qui assiste comme collaborateur au salut de la cité.”
Contexte
Athénée, écrivant environ quatre siècles et demi après Zénon, met en scène une conversation de banquet érudite sur l'amour. L'un de ses locuteurs, Pontianus, cite l'opinion de Zénon sur Éros — y compris une courte phrase présentée comme provenant de la République perdue de Zénon. Le cadre est littéraire et anthologique : Athénée conserve d'innombrables citations d'œuvres perdues, mais toujours dans le cadre de son dialogue fictif.
Notes sur la source:Texte grec vérifié sur H. von Arnim, SVF I (1903), n° 263, p. 61 (page numérisée). Double couche de transmission : au sein du dialogue de banquet littéraire d'Athénée, le locuteur Pontianus rapporte l'opinion de Zénon ; la phrase entre les guillemets de von Arnim („…“) est une citation attribuée à Zénon, tirée de sa République perdue telle que transmise à l'intérieur de ce rapport — non une citation manuscrite directement conservée de Zénon. Sous le même numéro, von Arnim imprime aussi Plutarque, vit. Lycurg. 31.
Ce que la source nous dit réellement
C'est un rapport ultérieur à deux degrés de distance : Athénée rapporte ce que son locuteur Pontianus dit de Zénon. La phrase enchâssée entre guillemets est une citation attribuée à Zénon, tirée de la République telle que transmise à l'intérieur de ce rapport — elle peut fort bien préserver le libellé de Zénon, mais son authenticité repose entièrement sur la fiabilité d'Athénée et ne peut être vérifiée indépendamment. Le contenu doctrinal — Éros dieu de l'amitié, de la liberté et de la concorde, au service du salut de la cité — est ce que le témoignage établit le plus sûrement.
Signification philosophique
Dans la cité idéale de Zénon, le lien qui tient les citoyens ensemble n'est ni la peur ni le décret, mais l'amour — Éros réinterprété comme la puissance divine qui crée l'amitié, la liberté et la concorde. Là où les cités grecques honoraient Éros comme dieu du désir, Zénon en fait un dieu civique : l'affection entre citoyens devient le vrai rempart de la cité. Cela approfondit la vision cosmopolite de la République (voir SVF I.262) : une seule communauté, tenue de l'intérieur.
Incertitude savante
Parce que la citation ne survit qu'à l'intérieur du dialogue d'Athénée, son libellé exact ne peut être vérifié contre le livre de Zénon. Les rapports antiques sur la République de Zénon varient fortement de ton et de contenu (von Arnim les rassemble sous les n° 259–271) ; le contexte de banquet d'Athénée — une discussion sur l'amour — a pu déterminer quel aspect de l'œuvre fut cité. Sous le même numéro, le Lycurgue 31 de Plutarque associe l'idéal politique de Zénon à une tradition plus large ; cette association est celle de Plutarque.
Sagesse pratique
L'Éros civique de Zénon est utilisable aujourd'hui : les communautés survivent par l'affection, pas seulement par les règles. Quel que soit le groupe auquel vous appartenez — famille, équipe, cité — demandez-vous ce que vous faites pour y produire amitié, liberté et concorde. Selon Zénon, ce travail n'est pas un ornement sentimental ; il est le salut même de la cité.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.