SVF I.78
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Plutarch, De Stoicorum repugnantiis — Stoic. rep. 8, 1034e
- Langue de la source
- Grec ancien
- Statut de la source
- Rapport ultérieur · Paraphrase par la source antique
Original — Grec ancien
πρὸς τὸν εἰπόντα μηδὲ δίκην δικάσῃς πρὶν ἀμφοῖν μῦθον ἀκούσῃς ἀντέλεγεν ὁ Ζήνων, τοιούτῳ τινὶ λόγῳ χρώμενος· εἴτ' ἀπέδειξεν ὁ πρότερος εἰπών, οὐκ ἀκουστέον τοῦ δευτέρου λέγοντος· πέρας γὰρ ἔχει τὸ ζητούμενον· εἴτ' οὐκ ἀπέδειξεν· ὅμοιον γὰρ ὡς εἰ μηδὲ ὑπήκουσε κληθεὶς ἢ ὑπακούσας ἐτερέτισεν· ἤτοι δ' ἀπέδειξεν ἢ οὐκ ἀπέδειξεν· οὐκ ἀκουστέον ἄρα τοῦ δευτέρου λέγοντος.Traduction StoicOs
Contre celui qui disait “ne juge aucune cause avant d'avoir entendu le récit des deux parties”, Zénon répliquait par un argument de ce genre : si le premier orateur a prouvé sa cause, il ne faut pas écouter le second — car la question est tranchée ; s'il ne l'a pas prouvée — c'est comme s'il n'avait pas répondu à la convocation, ou, y ayant répondu, n'avait fait que fredonner ; or il a prouvé ou il n'a pas prouvé ; donc il ne faut pas écouter le second orateur.
Contexte
Le De Stoicorum repugnantiis de Plutarque est une polémique suivie qui collecte des dits stoïciens pour exposer de prétendues contradictions. Il rapporte ici un dilemme que Zénon construisit contre le célèbre proverbe versifié sur l'audition des deux parties — probablement un exercice logique illustrant la forme du dilemme, que Plutarque retourne contre la pratique judiciaire de l'école elle-même.
Notes sur la source:Texte grec vérifié sur H. von Arnim, SVF I (1903), n° 78, p. 23 (page numérisée). Le De Stoicorum repugnantiis est une polémique explicitement antistoïcienne : Plutarque cite l'argument pour convaincre les stoïciens d'incohérence — cadrage hostile à distinguer du contenu rapporté. La leçon ἐτερέτισεν (“fredonna”) a été vérifiée lettre par lettre ; le proverbe est imprimé sans guillemets ; l'apparat de von Arnim note “de versu cf. Bergk” (proverbe versifié) et la dette envers Antisthène. Second témoin sous le même numéro : scholies à Lucien, De calumnia 8.
Ce que la source nous dit réellement
Un rapport ultérieur et une paraphrase dans une œuvre hostile : Plutarque signale lui-même la paraphrase par “usant d'un argument de ce genre” (τοιούτω τινὶ λόγω) — la structure du dilemme est de Zénon, le libellé de Plutarque. L'attribution est explicite ; la visée polémique (convaincre les stoïciens d'incohérence) est l'agenda de Plutarque, non un élément de la doctrine. Le proverbe versifié attaqué par Zénon est cité par Plutarque sans attribution d'auteur.
Signification philosophique
Le dilemme est une leçon magistrale de la logique condensée de Zénon : épuise les alternatives, et le proverbe confortable s'effondre. Son propos n'est presque certainement pas un conseil judiciaire mais un entraînement logique — montrer comment un argument à deux cornes accule une maxime non examinée. Que des stoïciens ultérieurs aient siégé comme juges donna à Plutarque son angle pour l'accusation d'incohérence.
Incertitude savante
Le contexte et le but originels sont perdus : Zénon offrait-il cela comme jurisprudence sérieuse, démonstration dialectique ou exemple d'enseignement ? L'extrait hostile de Plutarque ne permet pas de le déterminer. Le verbe rare ἐτερέτισεν (“fredonna”, c.-à-d. ne donna aucune vraie réponse) est textuellement sûr mais sa nuance exacte est discutée.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.