SVF I.98
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Aristocles of Messene, On Philosophy, Book 7 (quoted by Eusebius, Praeparatio evangelica XV) — Euseb. PE XV p. 816d
- Langue de la source
- Grec ancien
- Statut de la source
- Rapport ultérieur · Paraphrase par la source antique
Original — Grec ancien
Στοιχεῖον εἶναί φασι τῶν ὄντων τὸ πῦρ, καθάπερ Ἡράκλειτος, τούτου δ᾽ ἀρχὰς ὕλην καὶ θεόν, ὡς Πλάτων. ἀλλ᾽ οὗτος ἄμφω σώματά φησιν εἶναι, καὶ τὸ ποιοῦν καὶ τὸ πάσχον, ἐκείνου τὸ πρῶτον ποιοῦν αἴτιον ἀσώματον εἶναι λέγοντος. ἔπειτα δὲ καὶ κατά τινας εἱμαρμένους χρόνους ἐκπυροῦσθαι τὸν σύμπαντα κόσμον, εἶτ᾽ αὖθις πάλιν διακοσμεῖσθαι. τὸ μέντοι πρῶτον πῦρ εἶναι καθαπερεί τι σπέρμα, τῶν ἁπάντων ἔχον τοὺς λόγους καὶ τὰς αἰτίας τῶν γεγονότων καὶ τῶν γιγνομένων καὶ τῶν ἐσομένων· τὴν δὲ τούτων ἐπιπλοκὴν καὶ ἀκολουθίαν εἱμαρμένην καὶ ἐπιστήμην καὶ ἀλήθειαν καὶ νόμον εἶναι τῶν ὄντων ἀδιάδραστόν τινα καὶ ἄφυκτον. ταύτῃ δὲ πάντα διοικεῖσθαι τὰ κατὰ τὸν κόσμον ὑπέρευ, καθάπερ ἐν εὐνομωτάτῃ τινὶ πολιτείᾳ.Traduction StoicOs
Ils disent que le feu est l'élément des choses, comme Héraclite, et que ses principes sont la matière et dieu, comme Platon — mais Zénon dit que tous deux sont des corps, l'agent et le patient, alors que Platon disait la première cause agissante incorporelle. En outre, qu'à certains moments fixés par le destin, le cosmos tout entier s'embrase, puis est ordonné à nouveau. Et que ce premier feu est comme une sorte de semence, contenant les raisons et les causes de toutes choses — de ce qui fut, de ce qui est et de ce qui sera ; et que leur entrelacement et leur succession sont le destin, et la science, la vérité et une loi des êtres, à laquelle on ne peut se soustraire ni échapper. Ainsi tout dans le cosmos est gouverné au mieux, comme dans la cité la mieux ordonnée.
Contexte
Aristoclès de Messène, philosophe péripatéticien du Ier siècle apr. J.-C., résuma la physique stoïcienne dans son ouvrage Sur la philosophie ; l'évêque chrétien Eusèbe (IVe siècle apr. J.-C.) excerpta ce résumé dans sa Praeparatio evangelica. Le passage nous parvient donc par deux intermédiaires, écrivant tous deux longtemps après Zénon, et dont aucun n'est stoïcien — le péripatéticien compare les doctrines d'école, l'évêque rassemble les vues païennes pour les réfuter.
Notes sur la source:Texte vérifié sur H. von Arnim, SVF I (1903), n° 98, p. 27 (page numérisée). Eusèbe introduit l'extrait par le titre “Sur la philosophie des stoïciens, comment Zénon exposait sa doctrine des principes”. Aristoclès, péripatéticien, résume la physique de Zénon ; Eusèbe conserve ce résumé trois siècles plus tard.
Ce que la source nous dit réellement
C'est un rapport doxographique ultérieur de la doctrine zénonienne des principes, dans les mots d'Aristoclès. Il atteste la structure centrale : le feu comme élément (avec Héraclite nommé comme précurseur), deux principes corporels (agent et patient), la conflagration périodique (ekpyrōsis) et la réorganisation du cosmos, le premier feu comme semence contenant les formules rationnelles (logoi) de toutes choses, et le destin comme leur entrelacement inéluctable. Aucun libellé n'est de Zénon lui-même ; les termes techniques peuvent refléter en partie la systématisation stoïcienne ultérieure.
Signification philosophique
C'est le plus grandiose panorama conservé de la physique de Zénon : un cosmos qui se dissout périodiquement en feu créateur et renaît, gouverné de l'intérieur par une raison séminale qui contient déjà tout le passé, le présent et l'avenir. Le destin n'y est pas nécessité aveugle mais la même chose que la science, la vérité et la loi — l'image finale du cosmos comme cité parfaitement gouvernée fait se refléter physique et politique, idée qui résonne dans la “chère cité de Zeus” de Marc Aurèle.
Incertitude savante
On ne peut décider quelle part de ce résumé remonte à Zénon lui-même et quelle part à la tradition d'école que connaissait Aristoclès. Le vocabulaire des “raisons séminales” et l'équation destin–science–vérité–loi peuvent être une formulation stoïcienne ultérieure ; le rapport comprime aussi des positions (Héraclite, Platon) pour la comparaison. La doctrine de la conflagration est toutefois attestée indépendamment pour l'ancien Portique.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.