SVF I.60
- Stoïcien
- Zénon de Kition
- Source antique
- Cicero, Academica posteriora, Book I — Acad. post. 1.41–42
- Langue de la source
- Latin
- Statut de la source
- Rapport ultérieur
Original — Latin
Visis non omnibus adiungebat fidem (scil. Zeno), sed iis solum, quae propriam quandam haberent declarationem earum rerum quae viderentur; id autem visum cum ipsum per se cerneretur, comprehendibile — (feretis hoc? Nos vero, inquam; quonam enim alio modo καταληπτὸν diceres?) — sed cum acceptum iam et approbatum esset, comprehensionem appellabat, similem iis rebus, quae manu prehenderentur; ex quo etiam nomen hoc duxerat, cum eo verbo antea nemo tali in re usus esset; plurimisque idem novis verbis (nova enim dicebat) usus est. Quod autem erat sensu comprehensum, id ipsum sensum appellabat, et, si ita erat comprehensum, ut convelli ratione non posset, scientiam, sin aliter, inscientiam nominabat; ex qua exsisteret etiam opinio, quae esset imbecilla et cum falso incognitoque communis. — Sed inter scientiam et inscientiam comprehensionem illam quam dixi, collocabat, eamque neque in rectis neque in pravis numerabat, sed soli credendum esse dicebat.Traduction StoicOs
Ce n'est pas à toutes les impressions qu'il (Zénon) attachait sa confiance, mais seulement à celles qui portent une révélation propre des choses vues ; une telle impression, discernée en elle-même, il l'appelait saisissable — (supporterez-vous ce mot ? Certes, dis-je ; comment rendre autrement katalēpton ?) — mais une fois reçue et approuvée, il l'appelait saisie (comprehensio), semblable aux choses saisies par la main ; c'est de là qu'il tira le nom même, personne n'ayant employé ce mot en pareille matière auparavant, et il usa de bien d'autres mots nouveaux (car il disait des choses nouvelles). Ce qui était saisi par les sens, il l'appelait sensation, et si c'était saisi de telle sorte que le raisonnement ne pût l'ébranler, il l'appelait science ; sinon, ignorance — d'où naît aussi l'opinion, qui est faible et a part au faux et à l'inconnu. — Mais entre la science et l'ignorance il plaçait cette saisie dont j'ai parlé, ne la comptant ni parmi les choses droites ni parmi les mauvaises, et disait qu'à elle seule il faut se fier.
Contexte
Dans les Academica, écrits quelque 250 ans après Zénon, Cicéron laisse Varron exposer avec bienveillance et méthode l'épistémologie du fondateur stoïcien. C'est le récit latin suivi le plus complet de l'échelle de la connaissance de Zénon : impression → assentiment → saisie (katalēpsis/comprehensio) → science. La célèbre illustration par le geste de la main est conservée à part (voir SVF I.66).
Notes sur la source:Texte latin vérifié sur H. von Arnim, SVF I (1903), n° 60, p. 18 (page numérisée). Le locuteur du dialogue de Cicéron est Varron, qui donne un exposé bienveillant et systématique des innovations de Zénon. La parenthèse “(nova enim dicebat)” et l'aparté “(feretis hoc? ...)” appartiennent au dialogue de Cicéron, non à l'éditeur. Apparat (von Arnim) : 18 hoc Davisus, hec libri ; 21 cum Manutius ; 35 aperirentur Davisus. Des tranches thématiques de ce passage reviennent sous SVF I.61–63 et I.68–69 — ce document est le texte-mère.
Ce que la source nous dit réellement
Un rapport ultérieur dans le latin de Cicéron, avec attribution explicite et répétée à Zénon, y compris l'affirmation linguistique que Zénon forgea le terme katalēpsis. Les apartés entre parenthèses sont le dialogue de Cicéron. Von Arnim imprime des tranches thématiques de ce même passage, avec parallèles grecs, sous des numéros distincts — voir SVF I.68 (les définitions de la science) et SVF I.69 (la saisie entre science et opinion) ; ce document présente le texte-mère suivi.
Signification philosophique
Ici Zénon construit la première théorie stoïcienne complète de la connaissance. La confiance n'est pas due à toute apparence, mais l'assentiment — qui est en notre pouvoir — transforme une impression qui s'atteste elle-même en saisie, et les saisies endurcies contre tout contre-argument deviennent science. Entre science et ignorance se tient le milieu honnête : la saisie fiable, accessible même à qui n'est pas encore sage. Épistémologie et éthique se rejoignent en un seul acte : ce à quoi tu donnes ton assentiment dépend de toi.
Incertitude savante
Cicéron traduit la terminologie grecque en néologismes latins de son cru (comprehensio pour katalēpsis) ; le passage est donc une transposition, non le libellé de Zénon. La formule “qu'à elle seule il faut se fier” (soli credendum) est condensée et sa portée exacte discutée. L'apparat de von Arnim consigne des corrections de Davisus et Manutius en trois endroits.
Aller plus loin
À propos de cette édition
La StoicOs Ancient Library est une édition d'étude numérique multilingue, en développement, du matériel stoïcien ancien conservé. Les Stoicorum Veterum Fragmenta réunis par Hans von Arnim fournissent le cadre de référence traditionnel. StoicOs distingue soigneusement fragments, testimonia, rapports ultérieurs et interprétation. Les traductions StoicOs sont établies, lorsque c'est possible, à partir des sources conservées en langue ancienne.